Dans cette ville ocre,
les lieux et les temps me déclarent leur refus…
les plus proches comme les plus lointains.
Il se peut qu’ils aient flairé en moi un lien de parenté…
il se peut que mes traits les aient rappelé d’un passé pas très lointains…
il se peut qu’ils aient été déconcertés à la vue de mon henné et mes cheveux noirs…
ou qu’ils se soient aperçus de certains fragments encore ancrés dans ma mémoire.
Cependant, ils déclarent m’avoir répudié,
Ils se moquent de ma langue empruntée, comme d’ailleurs mes habits,
ils déplorent ma longue nuit…
méprisent ma voix
rauque…
me disent que je ne suis pas la fille de cette pierre,
cette eau, cette terre et ces arbres.
Ils me racontent une désobéissance flagrante,
parlent d’une agitation et un vacarme,
voient partout du verre et des fantômes…
et révèlent des larmes ensanglantées versées sur leur progéniture…
Alors, je retourne aux fins fonds de ma vie, avec le peu de bagages dont je dispose…
mon dépaysement…et quelques masques.
Texte d'origine écrit en arabe suite à une visite de la
ville/Traduction personnelle.
Croquis illustrant le patio central du Palais Bahia à Marrakech, fait par Imane Benelkadi.

